Zakaria El Ouaqoudi parle de la réparation dans l’urgence

Ce jeune diplômé de l’INBA prolonge ses études d’art aux Beaux-Arts d’Aix-en-Provence, où il développe sa réflexion sur la réparation.

« Quand j’étais en 3e année à l’INBA, j’ai commencé à travailler sur les bidonvilles, les travailleurs journaliers et l’immigration clandestine. Le point commun de ces trois sujets est la notion de réparation dans l’urgence. Immigrés, travailleurs issus de l’exode rural… tous vivent dans la précarité et bricolent dans l’urgence un habitat éphémère. C’est cela que je veux capturer dans le travail que je conduis actuellement à Aix, sous la supervision de mon tuteur théorique Florian Gaité, à travers plusieurs médiums que je choisis en fonction de l’approche : la peinture pour l’émotion, l’installation pour le pragmatisme et le dessin pour la recherche. J’ai bien sûr beaucoup lu et étudié les travaux de Kader Attia sur cette notion de réparation. De mon côté, je recherche également les liens entre ces constructions précaires et le savoir-faire vernaculaire qui n’est jamais totalement absent de ces bricolages. En arrivant en France, j’ai été frappé de voir que les objets étaient abandonnés en bon état, alors qu’à Tétouan où je vivais auparavant, une chaise usée ou cassée donnait lieu à des réparations multiples dont le seul objectif est la fonctionnalité, la solidité, la survie de l’objet, jamais son esthétique. Je veux précisément travailler sur cette « laideur » dont Baudelaire, que j’ai beaucoup lu, a théorisé l’esthétique toute particulière. »

Propos recueillis par Meryem Sebti
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Série Construction/Déconstruction, fusain sur papier, 65×50 cm. Courtesy de l’artiste
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Série Construction/Déconstruction, fusain sur papier, 65×50 cm. Courtesy de l’artiste
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Série Construction/Déconstruction, fusain sur papier, 65×50 cm. Courtesy de l’artiste