Une histoire décentrée de la photo

En 2023 se tenait au musée du Quai Branly-Jacques Chirac le colloque « Photo-monde » conviant des chercheurs à interroger les collections photographiques de l’institution parisienne. Le numéro 9 de la revue Photographica (éditions de la Sorbonne), intitulé « Photo-monde, Pour une histoire décentrée », prolonge ce temps de réflexion. Les auteurs y interrogent notamment la démocratisation du médium dans l’empire ottoman, facilitée par différentes évolutions techniques, ou encore le potentiel commercial de la photographie dans les Indes orientales néerlandaises, remettant en question l’idée que l’essor de la photo serait exclusivement lié aux besoins de l’expansion coloniale. Plusieurs contributions mettent ainsi en avant l’importance des missions religieuses dans la diffusion du médium, à l’instar d’Olubukola Gbadegesin qui démontre que l’arrivée de photographes amateurs accompagnant les missionnaires sur le littoral d’Afrique de l’Ouest a été antérieure à celle des fonctionnaires coloniaux et de leurs photographes professionnels. Jürg Schneider décrit, quant à lui, comment se met en place « un espace visuel atlantique », au moment où s’achève la traite transatlantique, réunissant l’Europe, l’Afrique de l’Ouest et les Amériques dans une même foi en les processus médiatisés par les images.Photographica, n°9, « Photo-monde, Pour une histoire décentrée », éditions de la Sorbonne, octobre 2024, 188 p., 320 DH

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