Sara Ouhaddou invite à réfléchir au statut de l’image

On n’attendait pas Sara Ouhaddou à Arles, pourtant son exposition « Assieds-toi, prends un verre de thé », présentée à la Fondation Thalie, brille par sa cohérence. Composée de quatre ensembles photographiques, ce premier solo show français s’attarde sur des compositions présentant, selon les mots de l’artiste et du curateur Ludovic Delalande, « des détails de couleurs, de matières et de textures », auxquelles s’ajoutent des portraits d’artisans, de membres de sa famille et de « paysages sociaux » documentant le contexte dans lequel le travail a été réalisé, en Tunisie, au Japon et au Maroc. Loin d’être anecdotiques, ces photos constituent toujours la matière première de son travail. « Elle part souvent d’une image, précise Ludovic Delalande, à partir de laquelle elle va réaliser un dessin d’où va naître un objet ». Aussi n’est-il pas surprenant que l’exposition présente un ensemble de travaux dialoguant, dans une scénographie méditée, avec cette sélection photographique qui, selon le curateur, devient « une œuvre à part entière ». Composé d’un vitrail, d’un bas-relief en céramique ou d’une installation réalisée à partir de tissages de laine ou de caoutchouc brodé, l’ensemble des œuvres exposées invite aussi à réfléchir sur le statut même de l’image.

Attentive aux formats et aux matériaux composant l’encadrement fait de bois ou d’acier, Sara Ouhaddou élargit notre perception de son travail : « Pour moi, conclut-elle, les images mêmes sont des objets. »Olivier Rachet— Sara Ouhaddou, « Assieds-toi, prends un verre de thé », Fondation Thalie, Arles, jusqu’au 30 septembre.