Avec « Résonances », sa quatrième exposition à la Galerie L’Atelier 21 de Casablanca, le peintre Nabil El Makhloufi revient hanter nos imaginaires à travers des portraits de groupe ou de jeunes hommes solitaires, menant ici de mystérieux conciliabules, marchant à l’aveugle tels des somnambules, ou tentant ailleurs l’échappée belle à travers un simple radeau de fortune. Comme le souligne la philosophe et critique d’art Franzika Weiler, auteure du catalogue, le motif aquatique est omniprésent. Il suggère la distance qui semble aussi bien séparer les êtres que traverser une peinture oscillant sans cesse entre une figuration parfois incomplète, et de longs aplats de couleur « tantôt translucides, tantôt épais, [ouvrant] un espace pictural où s’inscrivent lignes et contours comme des gestes hésitants, [où] des dégradés imprévus ou des éclaboussures de couleur suggèrent l’inachevé, l’imparfait […]». Entrant en résonance avec le propre parcours du peintre, ayant résidé entre Casablanca et la ville de Leipzig en Allemagne, connue pour son école de peinture figurative, la Neue Leipziger Schule, cette dernière exposition semble aussi poser la question des promesses illusoires dont se pare toute velléité de départ.
Olivier Rachet
Nabil El Makhloufi, « Résonances », Galerie L’Atelier 21, Casablanca, jusqu’au 1er novembre 2025.



