L’exposition « L’Aquarium imaginaire, épisode #2 » réhabilite les mosaïques de l’Aquarium de Casablanca, laissé à l’abandon depuis une trentaine d’années et plaide pour l’ouverture d’un Musée collectif de la mémoire casablancaise.
L’artiste Mohamed Fariji a sa ville natale de Casablanca chevillée au corps. Depuis la création de L’Atelier de l’Observatoire, plateforme d’échange et de création cofondée avec Léa Morin, il n’a de cesse d’appeler de ses vœux l’ouverture d’un Musée collectif, participatif et citoyen consacré à la mémoire de la ville et de ses quartiers périphériques. Lorsqu’il découvre dans les années 2010 l’état d’abandon dans lequel se trouve l’Aquarium de Casablanca, ouvert en 1962 et fermé en 1987, il a l’idée que ce projet pourrait trouver à s’incarner dans ce bâtiment magnifique.

Carton résiné, résine et cuivre sur bois
209 x 202 cm
Pourvu de mosaïques en zellige conçues par Villeroy & Boch et entièrement réalisées par des artisans de Fès, l’Aquarium est dans un état de délabrement tel qu’il lui consacre en 2014 une première exposition, « L’Aquarium imaginaire », à la galerie Fatma Jellal. L’exposition présentée aujourd’hui à la galerie L’Atelier 21, « L’Aquarium imaginaire, épisode #2 » en constitue un second volet passionnant dans lequel l’artiste plasticien, lauréat des beaux-arts de Tétouan, reproduit à l’identique les mosaïques des lieux. Les carreaux émaillés sont remplacés par des cartons résinés peints, assemblés avec minutie. Ils donnent à voir des fresques grandeur nature dans lesquelles est chorégraphié, dans une palette de bleus et de verts, un ballet de requins ou de poissons-scies accompagné de motifs géométriques, d’une belle inventivité. Ce travail pictural, fidèle aux dessins d’origine, s’autorise parfois de quelques touches personnelles cherchant à restituer l’état de délabrement des mosaïques. L’effet de réel est saisissant et conduit, non sans espièglerie, l’artiste à dupliquer les fenêtres de l’aquarium en ajoutant à ses œuvres des ouvertures en cuivre faisant illusion. Célébration à la fois d’un savoir-faire artisanal dont on peut craindre qu’il ne se soit perdu et affirmation volontaire du rôle de l’artiste en agitateur de conscience, cette exposition parie encore sur la possibilité que l’art puisse faire bouger les lignes. Olivier Rachet« L’Aquarium imaginaire, épisode #2 » de Mohamed Fariji, Galerie L’Atelier 21, Casablanca, jusqu’au 22 mars



Carton résiné, résine et cuivre sur bois
209 x 248 cm

Carton résiné et résine sur bois, 138 x 245 cm