Mo Baala libère son énergie indomptée

La galerie MCC a inauguré samedi dernier 2 novembre 2024 la nouvelle exposition du poète visuel Mo Baala, avec une performance inédite de mise en scène du vagabondage émotionnel de l’artiste depuis son enfance.
Agité, bouleversé, agrippé à l’arc tendu de l’absurde, Mo Baala sait aussi apaiser son souffle pour objectiver les thèmes qu’il lui tient à cœur d’explorer artistiquement. Ses dernières œuvres, chevillées à un storytelling de la vie des gosses de la rue, assument une monumentalité inédite, témoignant de la maturité de son écriture plastique. Visite de l’expo.  
La nouvelle exposition de Mo Baala, inaugurée à la MCC le 2 novembre dernier, est une mise en partage, à grande échelle, d’une itinérance traumatisante : celle des enfants de la rue, errant dans les souks, à la recherche d’un petit boulot, de pain, de savoir et d’affection, à qui ne reste que de rêver à un talent caché dont ils auraient à saisir la chance. Mais si d’aventure ils ne la saisissaient pas, cette chance ?  Cette épreuve de la vie comme de l’art est chez Mo Baala un voyage qui n’en finit pas, toujours inquiet, fébrile, en quête d’une connaissance qui ne se révèle pas. 

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Vue de l’exposition « UNDER THE SILVER TREE ». © Youssef Aït Bouskri

Ses œuvres textiles, découpes sur cuir et sur bois, peintures, dessins, collages, installations usant d’une polyphonie de médiums – jusqu’à son propre corps, alourdi d’un manteau de laine brute dans sa performance – ordonnent les éléments clés de sa cosmogonie picturale, devenus comme l’alphabet de son langage : les murs de Taroudant, les silhouettes familières, certaines surgies de l’antiquité comme cet élève athénien d’Aristote en conversation avec un âne… On y retrouve les valeurs singulières de son travail, qui n’attache pas plus d’importance au centre qu’à la périphérie, qui questionne l’horizontalité et la verticalité, le géométrique et l’organique, le figuratif et l’abstrait, le sens de l’écriture (jamais rectiligne) et le sens de la lecture (toujours foisonnante). Mo Baala ici se fait mage, à libérer l’énergie indomptée de son inspiration au prisme du chromatisme scintillant du conte poétique. 
Mo Baala Under the Silver Tree, MCC Gallery, Marrakech

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Vue de l’exposition « UNDER THE SILVER TREE ». © Youssef Aït Bouskri
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Vue de l’exposition « UNDER THE SILVER TREE ». © Youssef Aït Bouskri
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Vue de l’exposition « UNDER THE SILVER TREE ». © Youssef Aït Bouskri
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Portrait de Mo Baala. © Youssef Aït Bouskri