Elias Loudiyi est né en 2001 à Paris. D’origine marocaine, il explore sa généalogie à travers des œuvres photoréalistes qui ont remplacé les toiles abstraites de ses débuts. Il est actuellement en troisième année aux Beaux-Arts de Paris.
« Je travaille au fusain et au pastel gras et privilégie les grands formats qui me laissent libre dans mon geste. Les toiles brutes, de jute ou de lin, me permettent d’utiliser le fond comme une palette de couleurs à part entière. J’initie le processus avec un trait sur la toile pour évaluer ce qu’il est important de laisser vide ou de combler. Le vide a une importance cruciale dans mes peintures.
Je peins des reproductions de photos de famille, où apparaissent ma mère, ma grand-mère, mon grand-père. Le souvenir, l’empreinte et la mémoire occupent une place centrale dans mon travail. Je peins ceux qui m’ont fait, moi et ma pratique, puisque c’est avec mon père que j’ai commencé à dessiner et que c’est mon grand-père qui m’a initié à la peinture.
L’art est peut-être la seule empreinte qui reste après que tout a disparu. Pour l’artiste, c’est un mouvement, un trait, une tache, et pour le spectateur, un moment de vie partagé devant la toile. Quand je suis en face d’une toile abstraite, je n’ai pas besoin de me demander ce que ça représente pour moi. Peu importe le sujet, une toile peut exister avec une force extraordinaire. C’est peut-être pour cela que le sujet a de moins en moins d’importance dans mon travail. J’aime la peinture, je peins pour peindre. »
Propos recueillis par Hélène Le Corre
