Les femmes photographes sont-elles dangereuses ?

Des premiers cyanotypes d’Anna Atkins (1799-1891) aux autoportraits de la comtesse de Castiglione (1837-1897) ou de Cindy Sherman, en passant par les photomontages de Dora Maar (1907-1997) et les natures mortes fauvistes de Maya Inès Touam, le livre de Laure Adler et Clara Bouveresse, Les femmes photographes sont dangereuses, embrasse plus d’un siècle de création photographique. Restées le plus souvent dans l’ombre de leurs pairs ou de leurs compagnons, à l’image de Lee Miller, amante et muse de Man Ray, qui « met au point avec lui la technique de la solarisation », ou de Gerda Taro, compagne de Robert Capa et « première femme photojournaliste tuée sur le terrain », ces photographes femmes demeurent des pionnières, notamment en matière de luttes sociales et politiques. Dès les commencements de la photographie, précisent les deux autrices, elles « en ont fait un instrument privilégié d’émancipation, de recherche, de résistance, de documentation de la réalité, d’exploration des autres et de soi-même, d’approche de la beauté ». Cette série de portraits, faisant la part belle aux artistes occidentales, s’aventure parfois à évoquer des figures extra-européennes telles que la Camerounaise Angèle Etoundi Essamba ou la Sud-Africaine Zanele Muholi, mais l’on reste au final sur sa faim, avide de découvrir des artistes femmes encore trop méconnues.

Laure Adler et Clara Bouveresse, Les femmes photographes sont dangereuses, éditions Flammarion, 168 p., 390 DH

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Zanele Muholi, Qiniso, The sails, Durban, série Somnyama Ngonyama, 2019, épreuve gélatino-argentique. Courtesy de la galerie Yancey Richardson, New York.

A
Angèle Etoundi Essamba, Tisser une nouvelle histoire 3, 2019, photographie noir et blanc montée sur plexiglas antireflet, dibond et cadre baroque, 150 x 100 cm. © Angèle Etoundi Essamba, Courtesy Carole Kvasnevski.