Traverser un siècle de création artistique marocaine, c’est le voyage que propose le Musée d’art moderne et contemporain Mohammed VI de Rabat en ce début d’été. Un voyage au long cours puisque l’exposition « Horizon(s) en mouvement : cent ans de quêtes artistiques au Maroc 1920-2020 » est appelée à durer. Il s’agit en effet du nouvel accrochage de la collection permanente du musée, curaté par Hind El Ayoubi et scénographié par Isabelle Timsit. Le parcours fait défiler 200 œuvres emblématiques de l’histoire de l’art marocain, dont la plupart proviennent du fonds propre du musée (les autres appartiennent au ministère de la Culture). Interrogeant la notion de modernité à rebours d’une conception occidentale de l’histoire de l’art pensée en termes de ruptures, l’exposition entend souligner les « dynamiques internes » et les « continuités » qui relient des artistes subvertissant l’héritage colonial de la peinture orientaliste à partir d’un geste plus singulier que naïf, tel Ben Ali R’bati, et les artistes des années 1950-60 se réappropriant la culture vernaculaire marocaine, dont Cherkaoui, Belkahia ou Melehi. Une section importante est consacrée aux années 1980 à travers l’exploration de « subjectivités individuelles » et inclut de nombreux photographes comme Touhami Ennadre ou Daoud Aoulad-Syad, ainsi que des peintres emblématiques comme Fouad Bellamine ou Mohamed Kacimi. La dernière section « Horizons universels: Incorporations », curatée par Salima El Aissaoui et rappelant l’importance du regretté Mohamed El Baz, met à l’honneur les artistes contemporains, pionniers dans le domaine de la photographie plasticienne, l’installation ou le mapping vidéo, dont une salle propose une démonstration inédite.
Olivier Rachet
— « Horizon(s) en mouvement : cent ans de quêtes artistiques au Maroc 1920-2020 », à partir du 17 juin 2025.
