Elisabeth Bauchet Bouhlal : une Collection pour l’amour de l’art

Dans le prolongement de l’exposition « From Morocco with love » située au premier étage du Palace Es-Saadi de Marrakech, le nouvel espace Jnane Elisabeth permet au visiteur de découvrir une collection privée entièrement guidée par le principe de plaisir et la volonté tout aussi farouche de soutenir la scène émergente. 
Collectionner est un acte d’amour pour la directrice du Es-Saadi Marrakech Resort, Elisabeth Bauchet Bouhlal, dont la collection débute dans les années 1960 par une toile du peintre Louardiri, le peintre des jardins d’Éden, offerte par son mari Jamil Bouhlal. De ce présent fondateur naît aujourd’hui l’espace Jnane Elisabeth, « le jardin d’Elisabeth », qui accueille une collection impressionnante d’œuvres majeures dont la dimension institutionnelle est désormais acquise. Aux côtés de toiles des deux pionniers de l’abstraction que sont Gharbaoui et Cherkaoui, figurent des œuvres de Majorelle, Bourkia ou Belkahia dont un monumental bas-relief en cuivre de 1964, « Bataille », placé par le commissaire d’exposition Hicham Daoudi, au-dessus d’un diptyque de Fatiha Zemmouri, composé à partir de terre et de pigments sur panneau de bois. 

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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.

L’exposition, scénographiée par Jean-Christophe Martin, est guidée par un principe de plaisir
communicatif. On y goûte les rapprochements formels qui irradient dans un accrochage à l’anglaise des plus réussis confrontant des œuvres de Mohamed Abouelouakar, Fouad Bellamine, Latifa Toujani ou Mounir Fatmi. 
Depuis qu’elle dirige l’hôtel Es Saadi, Madame Bauchet-Bouhlal n’a eu de cesse de tisser des liens amicaux avec les différents artistes marocains, toutes générations confondues. En témoigne une salle regroupant plusieurs photos personnelles où on la voit en compagnie du peintre Amine Demnati, de Mohamed Melehi ou du poète syrien Adonis. Mécène reconnue, elle soutient une scène émergente souvent provocatrice dont une photo de Younès Atbane ou une peinture sur bois de Simohammed Fettaka subvertissant le regard colonial sur les femmes, sont exemplaires. Ces femmes, auxquelles une section de l’exposition est entièrement consacrée, sont aussi à l’honneur à travers des œuvres textiles de Cécile Boccara ou de Anna Hafid Draus, marchant alors sur les pas de l’artiste américaine Sheila Hicks, ayant séjourné à Rabat dans les années 1970. 

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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.

Membre depuis 2022 du comité d’acquisition de la Tate pour la région MENA, Elisabeth Bauchet Bouhlal, dont des œuvres sont régulièrement prêtées à l’occasion d’expositions internationales, garde un œil avisé lorsqu’il s’agit de rendre hommage à la beauté. Parmi les pièces maîtresses, la palme revient sans doute à une leporello magnifique d’Etel Adnan illustrant un poème de Lâabi consacré à Oum Kaltoum et aux sculptures sur bois de Boujemâa Lakhdar, qui fut le seul artiste marocain à participer à la mythique exposition parisienne « Les Magiciens de la terre » en 1989. On découvrira aussi avec intérêt des encres et aquarelles sur papier inédites d’Abbès Saladi, Saida et les voleurs de soleil, censées illustrer un livre qui ne vit jamais le jour ; à l’opposé d’une Collection foisonnante réussissant le prodige de présenter des œuvres tout autant facétieuses que politiquement engagées, à l’image d’une sculpture ludique d’Abdelkrim Ouazzani ou d’un bas-relief en métal oxydé de Mustapha Akrim, Al haq fi iltizam as’samtOlivier Rachet

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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.
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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.
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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.
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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.
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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.
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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.
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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.
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Vue de l’exposition au Palace Es Saadi de Marrakech.