De la matière au code : la continuité picturale de Soufiane Idrissi

La galerie Bab Rouah à Rabat accueille ce printemps une rétrospective 2006-2025 consacrée à Soufiane Idrissi (né en 1986), pensée comme une traversée de ses vingt années de pratique. L’exposition met en évidence la continuité d’une œuvre construite par transformations successives plutôt que par ruptures. Des premières expérimentations cellulosiques (2006-2009), où la matière devient un terrain d’exploration entre contrôle et altération, à l’affirmation progressive de la toile comme espace structuré de tension et de projection (2010-2021), jusqu’aux gestes récents de grattage et de griffure qui confèrent à la surface une dimension presque sculpturale, Idrissi n’a cessé d’interroger les conditions mêmes de la peinture. Figure pionnière d’une pratique de l’art post-Internet au Maroc, formé aux arts graphiques et à l’informatique, Soufiane Idrissi traduit les logiques du code et des langages numériques en rythmes chromatiques et en constructions picturales où le geste demeure central. Représenté par GVCC, récemment confirmé chez Christie’s Paris, il poursuit une trajectoire où exigence formelle et visibilité internationale avancent de concert.

Meryem Sebti

— « Soufiane Idrissi-Rétrospective 2006-2025 », galerie Bab Rouah, Rabat, les 28 et 29 mars 2026 

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Soufiane Idrissi, Sans titre, 2009, cellulosique sur panneau, 150 x 150 cm. Courtesy de l’artiste et GVCC