Art Paris : quels artistes africains ont séduit les collectionneurs ?

L’édition 2025 consacre le figuratif, très présent sur les stands. L’augmentation de la fréquentation et les ventes rassurent un marché encore prudent, suspendu au contexte international et aux annonces du président américain Trump.
Du 3 au 6 avril, la foire Art Paris a fêté son retour au Grand Palais après quatre années de travaux, avec 170 exposants  — soit une hausse de 26 % par rapport à 2024. Près de 87 000 visiteurs ont été enregistrés, en augmentation de 25% comparativement à l’édition précédente. Si, au lendemain du vernissage, exposants et collectionneurs s’inquiétaient des effets de l’annonce de Donald Trump sur la hausse des droits de douane pour les marchandises en provenance de l’Europe  — bien que l’art contemporain en soit exempté — cela n’a finalement pas obéré l’appétit des collectionneurs, essentiellement français et européens. Seul exposant marocain, la fondation Montresso de Marrakech présentait les travaux de quatre artistes dont les photographies de Hasnae El Ouarga et de Mouna Saboni. Plusieurs artistes originaires de la région étaient représentés à Art Paris, notamment la Franco-Marocaine Chourouk Hriech sur le stand de la galerie parisienne Anne-Sarah Benichou, où des dessins de vases ornementés de fleurs, issus de sa nouvelle série Les heures bleues, se sont vendus comme des petits pains, à 2 800 € l’unité. 

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Dhewadi Hadjab, Sans titre,
2025, huile sur toile, 180 x 145 cm. Galerie Mennour, Paris. © Dhewadi Hadjab, Adagp, Paris, 2025. Photo. Archives Mennour
Courtesy the artist and Mennour, Paris

Dans le secteur « Promesses », réservé aux jeunes galeries, on retrouvait la seule galerie africaine, Afronova (Johannesburg) avec trois artistes sud-africains, Vuyo Mabheka, Dimakatso Mathopa et Mashudu Nevhutalu. On y découvrait également Hunna Art, basée au Koweït, qui a cartonné avec les sculptures et peintures de la Koweïtienne Alymamah Rashed (entre 2 300 et 15 000 €). Participaient aussi à cette édition deux galeries libanaises, Saleh Barakat et Tanit (aussi basée à Munich). Cette dernière a rapidement vendu l’installation murale Flower Field (2013) du Palestinien Abdul Rahman Katanani, créée à partir d’éléments trouvés dans le camp de réfugiés Sabra où l’artiste est né et a grandi. Notons également l’espace — non commercial —  dédié à la villa Hegra, l’agence culturelle franco-saoudienne créée en 2021 à AlUla. Y étaient exposées les restitutions de résidences de Sarah Brahim — formidable artiste, performeuse et poétesse à suivre — pour l’Arabie Saoudite et d’Ugo Schiavi pour la France, sous le double commissariat de Wejdan Reda et Arnaud Morand.

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Pascale Marthine Tayou, Sugar Chalks B
2025, craies, paillettes, cannes à sucre, 164 x 261 cm. Galerie Continua (Paris, Les Moulins, Rome, La Havane, San Giminiano, Beijing, São Paulo). Courtesy de l’artiste et Galerie Continua

Des ventes, malgré toutLes grosses galeries françaises et internationales ont bien travaillé. La galerie Templon a cédé une petite peinture du Sénégalais Alioune Diagne pour 40 000 € et trois tableaux de son compatriote Omar Ba (entre 39 000 et 110 000 €, selon le format) qui s’est également bien vendus, dans la même fourchette de prix, sur le stand de la galerie suisse Wilde. Chez Continua, un tableau du Camerounais Pascale Marthine Tayou de la série des Sugar Chalks (autour de 130 000 €) a été décroché à l’issue du vernissage. Sur le stand de Kamel Mennour, bien que vendue immédiatement autour de 80 000 euros, une peinture d’une intrigante beauté de l’Algérien Dhewadi Hadjab est restée en place jusqu’à la fermeture de la foire. « Nous n’avons pas beaucoup de toiles disponibles de cet artiste dont les tableaux sont comme une sorte d’aimant sur les foires », explique le galeriste. Pour sa première participation à Art Paris, la jeune galerie parisienne Christophe Person a démarré en douceur en vendant plusieurs dessins illustrant des proverbes africains du Sénégalais Mamady Seydi (1 200 à 2 500 € pièce), avant que deux grandes toiles de la peintre burkinabè Olga Yameogo et deux photographies du Camerouno-Nigérian Samuel Fosso (entre 10 000 et 20 000 € le tirage) ne trouvent preneurs. Largement majoritaires sur la foire, les œuvres figuratives semblaient mieux fonctionner que les pièces abstraites, à quelques exceptions près. Ainsi, chez Afikaris, de grands tableaux à la cire de Mouhcine Rahaoui ont beaucoup plu à des institutions comme à des particuliers (entre 7 500 et 12 000 € pièce). À la galerie parisienne Binôme, les œuvres glossy de la série Kosmos de Mustapha Azeroual ont connu un beau succès (entre 2 500 et 4 000 € pièce), d’autant plus que l’artiste Franco-Marocain est à l’honneur à Mouans-Sartoux, dans le sud de la France, à Espace de l’Art Concret qui lui consacre un solo show jusqu’au 31 août.artparis.comPar Armelle Malvoisin

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Chourouk Hriech, Les heures bleues 2,
2025, crayons de couleurs et encre de Chine sur papier, 42 x 29,7 cm. Galerie Anne-Sarah Bénichou, Paris. Courtesy de l’artiste et Galerie Anne-Sarah Bénichou
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Mustapha Azeroual, Equivalent Kosmos #22
2024, photogrpahie bichromatée polychrome multicouche contrecollée sur Dibond, engram de souffle de verre thermoformé, 20 x 16 cm.
Galerie Binôme, Paris. © Mustapha Azeroual Courtesy galerie Binôme