Art Dubai : le hub du Golfe à l’épreuve de la guerre // Art Dubai : the Gulf’s art hub put to the test by war

La 20e édition de la foire, initialement prévue mi-avril, est reportée du 14 au 17 mai dans un format « adapté ». Si Art Dubai s’ajuste, le modèle du Golfe comme plateforme stable du marché de l’art apparaît désormais rattrapé par la géopolitique régionale.

Article publié le 19 mars 2026, mis à jour le même jour à la suite de l’annonce officielle d’Art Dubai.

Mi-avril, Art Dubai devait célébrer ses vingt ans. Plus de cent galeries de trente-cinq pays, une nouvelle directrice, Dunja Gottweis, venue d’Art Basel, cinq sections remaniées et une participation africaine doublée : sur le papier, l’édition anniversaire avait tout d’un millésime. Mais depuis les frappes iraniennes du 28 février sur les Émirats, en représailles à l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le papier ne suffit plus.Rappelons d’abord que derrière les chiffres et les scénarios de marché, il y a une réalité tragique : des civils tués en Iran comme aux Émirats, des familles déplacées, des missiles interceptés au-dessus des villes. L’espace aérien émirati a d’ailleurs été fermé puis fortement restreint pendant plusieurs jours. Emirates ne vole encore qu’à la moitié de sa capacité, British Airways a suspendu toutes ses liaisons vers le Golfe et DHL alerte sur des retards d’expédition liés à la fermeture du détroit d’Ormuz. Le UITP Summit, prévu lui aussi en avril à Dubai, a été annulé. L’IAAPA Expo a été reportée à 2027, le salon Middle East Energy à septembre. Art Dubai, elle, tenait bon, du moins dans sa communication. « C’est un moment sans précédent pour les Émirats, et le bien-être de nos artistes, galeries, collectionneurs et partenaires est au cœur de chaque conversation », déclarait un porte-parole de la foire le 9 mars dernier. La suite était plus prudente : « Nous partagerons des mises à jour une fois les détails confirmés ». La foire temporisait.

Quelques heures après la publication de cet article, Art Dubai a officialisé le report de sa 20e édition au 14-17 mai, dans un format qualifié de « plus resserré et flexible », mêlant présentations, collaborations et programmation publique. Les galeries participantes ne paieront pas de frais de stand mais une commission sur leurs ventes, plafonnée à l’équivalent du stand. Celles qui préfèrent renoncer pourront reporter leur paiement à l’édition 2027. Pour les galeries souhaitant participer sans se déplacer, la foire propose de présenter leurs œuvres expédiées à Dubai avec le soutien de son équipe.

Art_20Dubai._20Exterior_20view,_202022._20Photo_20credit__20Cedric_20Ribeiro-(1)
Art Dubai 2022, Madinat Jumeirah, Dubai. © Cedric Ribeiro

Des galeries prudentes

En coulisses, le tableau était pourtant déjà net. Selon nos informations, Art Dubai avait pris contact avec des galeries exposantes pour leur proposer un remboursement, un report de leur stand à l’édition suivante, ou un maintien à prix réduit avec partage des revenus. César Levy, fondateur de 193 Gallery (Paris), galerie dédiée aux artistes issus de scènes non occidentales, confirme avoir opté pour le report : « On n’est pas sereins pour y aller dans trois semaines. Mais ça ne change pas notre envie de nous développer là-bas. Le Golfe est un marché stratégique, avec des artistes incroyables. Une fois que la guerre se sera calmée, on continuera à défendre nos artistes dans la région ».Même son de cloche à Dakar, où Aïssa Dione, fondatrice de la Galerie Atiss, avait été démarchée par Art Dubai lors de Frieze à Londres, la foire lui faisant part de sa volonté d’accueillir davantage de galeries du continent africain. Elle devait présenter des artistes sénégalais et togolais aux côtés de la galerie japonaise Space Un, le type de dialogue Sud-Sud que la foire cherchait à encourager pour ses vingt ans. « Art Dubai m’a proposé soit de garder ma place pour l’année prochaine, soit de maintenir ma présence cette année avec une aide logistique, en échange de 50 % sur les ventes. J’étais prête à tenter l’aventure, je suis une aventurière, mais la situation ne s’améliore pas et le temps passe. On viendra à la prochaine édition. Je suis très confiante dans la reprise. »

Digital-2025
Vue de la section Art Dubai Digital lors de l’édition 2025. ©artdubai

La galerie casablancaise Loft Art Gallery, habituée de la foire et première galerie marocaine à avoir exposé à Art Basel Paris en 2024, n’a pas encore tranché. Sa fondatrice Yasmine Berrada pose d’abord un préalable moral : « Ce serait égoïste de se préoccuper principalement de notre business alors que cette guerre est une tragédie qui touche des millions de personnes. » Elle reste néanmoins attachée à la dynamique régionale : « En dix ans de foires, c’est dans cette région que j’ai expérimenté quelque chose d’unique, une atmosphère construite patiemment. Avec l’arrivée d’Art Basel à Doha et de Frieze à Abu Dhabi, il y avait un très fort momentum ». Ayant maintenu sa participation à 1-54 pendant le Covid, elle dit croire en la résilience de la région. Que ce soit pour les individus ou les entreprises, pour elle : « Chaque crise est une occasion de se réinventer ».Du côté des experts du marché, la prudence domine. Roxane Zand, ancienne Deputy Chairman de Sotheby’s Moyen-Orient et fondatrice de ZandFineArts, rappelle les précédents : « Les Émirats ont traversé la guerre du Koweït en 1991, la crise financière de 2009 et les escalades d’octobre 2024. À chaque fois, le rebond dans le Golfe a été rapide ». Mais elle tempère : « Les collectionneurs ne voudront peut-être pas se rendre dans une zone de guerre. Il est encore trop tôt pour évaluer une situation qui change en permanence ». Selma Feriani, galeriste entre Tunis et Londres, résume l’état d’esprit du milieu en une phrase : « Il faut laisser la poussière retomber avant de tirer des conclusions ».Face à ces incertitudes, la foire oppose un discours de permanence. « L’écosystème culturel de Dubai a des racines locales très solides, insiste le porte-parole d’Art Dubai. Nous abritons plus de quarante galeries commerciales, des maisons de ventes majeures, des artistes et des collectionneurs du monde entier. Ces initiatives ont été construites patiemment, souvent sur plusieurs décennies. Art Dubai a toujours été et restera un moteur de la stratégie culturelle à long terme de Dubai et de la région. »

Art-Dubai-2025-Credit-Spark-Media_44-1-scaled-e1769175063353-2048x867-1
Vue de l’édition 2025 de Art Dubai – (c) SparkMedia44

Revenir, plus tard

Le paradoxe est en effet vertigineux. En février encore, Art Basel inaugurait sa cinquième antenne à Doha, Frieze reprenait Abu Dhabi Art, le Guggenheim Abu Dhabi s’apprêtait à ouvrir, Christie’s s’installait à Riyad. Les chiffres suivaient : Christie’s a enregistré une hausse de 298 % de ses ventes d’art moderne moyen-oriental depuis 2020, Sotheby’s a totalisé 133 millions de dollars lors de sa Collectors Week d’Abu Dhabi fin 2025 et reçu une injection d’un milliard de dollars du fonds souverain ADQ. L’Arabie saoudite a investi plus de 21 milliards en infrastructures culturelles depuis 2016, le Qatar consacre un milliard par an à ses acquisitions. Le récit était celui d’un transfert irréversible du centre de gravité du marché de l’art. Puis des débris de drones interceptés ont atteint le Burj Al Arab.

Sultan Sooud Al Qassemi, fondateur de la Barjeel Art Foundation à Sharjah et l’une des voix les plus écoutées de la scène culturelle émiratie, répondait début mars dans un texte publié par le Fiker Institute : « We have been through this before ». Rappelant l’économie émiratie passée de 535 milliards de dirhams en 2008 à 1 400 milliards en 2025 et la population doublée de six à onze millions, il plaide pour une lecture sur le temps long. Reste que le marché de l’art ne fonctionne pas comme le PIB. Il repose sur la confiance, la circulation des personnes et des œuvres, et sur un écosystème où acteurs locaux et présence internationale sont étroitement imbriqués : fondations émiraties, collectionneurs régionaux et galeries du Sud d’un côté, filiales des maisons de ventes occidentales, antennes des grandes galeries et cadres expatriés de l’autre. Si le conflit en cours accélère une recomposition des alliances géopolitiques et économiques, et les tensions entre l’Occident et certains États du Golfe sur la conduite de la guerre ne sont pas un secret, la question n’est plus seulement de savoir si les expatriés restent, mais si les entreprises qui les envoient ont encore intérêt à être là, et si l’équilibre entre ces deux piliers peut tenir. À Alserkal Avenue, cœur de la scène artistique de Dubai, des galeries ont fermé temporairement après les frappes. La plupart ont rouvert, mais pour la première fois, la continuité n’allait plus de soi.

Sur le long terme, deux scénarios se dessinent. Le premier, celui du retour à la normale : le conflit se stabilise, les vols reprennent, Art Dubai 2027 se tient sans accroc et les investissements, trop lourds pour être abandonnés, reprennent leur cours. C’est le pari de la plupart des acteurs et, implicitement, de toutes les galeries qui reportent à l’année prochaine plutôt que de demander un remboursement. Le deuxième, celui d’une régionalisation accélérée : le Golfe reste un hub, mais reconfiguré autour de ses collectionneurs locaux, du sous-continent indien et des scènes africaines et MENA, tandis que la présence occidentale reflue. Un marché qui se désolidarise du circuit euro-américain, changement de nature, pas de degré. C’est, à court terme, la direction que prend l’annonce du 19 mars : un Art Dubai 2026 maintenu mais reconfiguré, dont le format même acte le reflux de la participation internationale.

Dans tous les cas, les fondamentaux demeurent : les milliards investis dans les infrastructures culturelles ne disparaîtront pas avec les missiles, et les acteurs les plus engagés dans la région, des maisons de ventes aux fondations, n’ont donné aucun signe de retrait. Si c’est bien vers le premier scénario que convergent la plupart des témoignages recueillis : chacun veut revenir, mais pas maintenant. Il convient de s’attarder sur ce « pas maintenant » qui en dit long. Le Golfe a mis vingt ans à bâtir sa crédibilité comme hub du marché de l’art, mais il pourrait peut-être suffir de quelques mois pour en changer la nature.

 


Ce qui a changé :

Quelques heures après la mise en ligne de cette enquête, Art Dubai a officialisé le report de sa 20e édition. Selon un email adressé par les organisateurs aux exposants, dont The Art Newspaper a eu connaissance, voici ce que l’on sait.

Dates. La foire se tiendra du 14 au 17 mai 2026 à Madinat Jumeirah, soit un mois après la date initiale du 15 avril.

Format. L’édition prendra la forme d’un « rassemblement culturel » dans un cadre qualifié par la directrice Dunja Gottweis de « plus resserré, curé et flexible »,
associant présentations, collaborations et programmation publique. Le nombre de galeries et de sections n’a pas été précisé.

Conditions financières. Les galeries participantes ne paieront pas de frais de stand. Art Dubai prélèvera une commission sur les ventes, plafonnée à l’équivalent du montant du stand, soit entre 15 000 et 60 000 dollars environ, pour des stands facturés à 739 dollars le mètre carré. Les galeries qui préfèrent ne pas participer devront néanmoins régler leur stand en amont, le montant étant reporté sur l’édition 2027. Pour celles qui souhaitent exposer sans se déplacer, Art Dubai propose de présenter les œuvres expédiées avec le soutien de son équipe.

Ce que ça confirme. Le scénario d’une régionalisation accélérée, décrit dans notre article, est celui que dessine cette annonce : un hub maintenu mais recentré, avec un soutien affirmé de « la communauté locale de collectionneurs » selon les termes du communiqué. La question reste de savoir si mai sera plus praticable qu’avril, les principales compagnies aériennes n’ont toujours pas rétabli l’ensemble de leurs liaisons vers le Golfe, et le conflit entre l’Iran et la coalition américano-israélienne ne montre aucun signe d’apaisement.

 

Shiran Ben Abderrazak


The fair’s 20th edition, originally scheduled for mid April, has been postponed to May 14–17 in an “adapted” format. But even as Art Dubai adjusts, the Gulf’s status as a stable art market hub is increasingly being tested by regional geopolitics.

Published March 19, 2026, updated the same day following Art Dubai’s official announcement.

Art Dubai was meant to celebrate twenty years this April. Over a hundred galleries from thirty-five countries, a new director, Dunja Gottweis, formerly of Art Basel, five redesigned sections, and a doubling of African participation. On paper, the anniversary edition had all the makings of a landmark. But since the Iranian strikes on the UAE on February 28, launched in retaliation for the US-Israeli offensive against Iran, paper is no longer enough.
Before talking market, it bears remembering what this war means for those living through it: civilians killed in Iran and the Emirates, families packing evacuation bags, eleven million residents who have heard explosions above their city. Emirati airspace was shut down then severely restricted for days. Emirates is flying at half capacity. British Airways has suspended all routes to the Gulf. DHL has warned of shipping delays linked to the closure of the Strait of Hormuz. The UITP Summit, also scheduled for April in Dubai, has been cancelled. IAAPA Expo pushed to 2027, Middle East Energy to September.
Art Dubai, for its part, was holding the line, at least publicly. « This is an unprecedented moment for the UAE, and the wellbeing of our artists, galleries, collectors and partners, here in Dubai and across the region, is at the heart of every conversation we are having right now, » a fair spokesperson said. What followed was more guarded: « We will share updates once details are confirmed. » The fair was buying time.
Hours after this article was first published, Art Dubai officially announced the postponement of its 20th edition to May 14-17, in what it described as a « more focused and flexible format » combining presentations, collaborations and public programming. Participating galleries will not pay stand fees but instead a commission on sales, capped at the stand fee equivalent. Those choosing not to participate may roll over their payment to the 2027 edition. For galleries wishing to take part without travelling, the fair is offering to present shipped works with support from its team.
Cautious Galleries
Behind the scenes, the picture was already sharp. According to our information, Art Dubai had approached exhibitors with three options: a refund, deferred participation, or reduced fees with shared revenue. César Lévy, founder of 193 Gallery in Paris, a gallery dedicated to artists from non-Western scenes, confirmed he chose to postpone. « We don’t feel comfortable going in three weeks, » he said. « But it doesn’t change our desire to grow there. The Gulf is a strategic market with incredible artists. Once the war settles, we’ll keep defending our artists in the region. »
The same note sounds in Dakar. Aïssa Dione, founder of Galerie Atiss, had been approached by Art Dubai during Frieze London, the fair expressing its ambition to bring more galleries from the African continent. She was to present Senegalese and Togolese artists alongside the Japanese gallery Space Un, exactly the kind of South-South dialogue the fair wanted to showcase for its twentieth anniversary. « Art Dubai offered me either to hold my place for next year or stay this year with logistical support in exchange for 50 percent of sales, » she said. « I was ready to take the gamble, I’m an adventurer, but the situation isn’t improving and time is running out. We’ll come to the next edition. I remain very confident about the recovery. »
Casablanca’s Loft Art Gallery, a regular at the fair and the first Moroccan gallery to exhibit at Art Basel Paris in 2024, has yet to decide. Its founder, Yasmine Berrada, starts with a moral premise. « It would be selfish to focus on business when this war is a tragedy affecting millions. » She remains, however, deeply attached to the region’s dynamic. « In ten years of fairs, this is where I experienced something truly unique, an atmosphere built patiently over time. With Art Basel launching in Doha and Frieze coming to Abu Dhabi, there was tremendous momentum. » Having kept her stand at 1-54 through Covid, she says she believes in the region’s resilience. For individuals and businesses alike: « Every crisis is a chance to reinvent. »
Among market experts, caution prevails. Roxane Zand, former Deputy Chairman of Sotheby’s Middle East and founder of ZandFineArts, points to history. « The UAE has experienced previous challenges and managed to emerge well. The Kuwait war in 1991, the financial crisis in 2009, and even the Oct 7, 2024 attack were events that could have caused lasting damages. Bounce-back in the GCC has historically been rapid. » But she tempers expectations. « Collectors may not immediately want to travel to a war zone. It is still too early to predict or even make an assessment. » Selma Feriani, a gallerist between Tunis and London, captures the mood in a single line. « We need to let the dust settle before drawing conclusions. »
Holding the Line
Faced with these uncertainties, the fair counters with a language of permanence. « Dubai’s cultural ecosystem has very strong local roots, » the spokesperson insists. « We are home to more than forty commercial galleries, major auction houses, artists and collectors from around the world. These initiatives have been built carefully, often over decades. Art Dubai has always been, and will remain, a driver of the long-term cultural strategy of Dubai and the region. »
The paradox is dizzying. As recently as February, Art Basel was inaugurating its fifth fair in Doha. Frieze was taking over Abu Dhabi Art. The Guggenheim Abu Dhabi was nearing completion. Christie’s was setting up in Riyadh. The numbers followed. Christie’s posted a 298 percent rise in Middle Eastern modern art sales since 2020. Sotheby’s pulled in 133 million dollars at its Abu Dhabi Collectors Week in late 2025 and received a one billion dollar injection from sovereign fund ADQ. Saudi Arabia has poured more than 21 billion into cultural infrastructure since 2016, while Qatar spends a billion a year on acquisitions. The narrative was one of irreversible transfer, the art world’s centre of gravity, shifting East. Then intercepted drone debris hit the Burj Al Arab.
Sultan Sooud Al Qassemi, founder of the Barjeel Art Foundation in Sharjah and one of the most listened-to voices in the Emirati cultural scene, wrote in early March in a text published by the Fiker Institute. « We have been through this before. » Pointing to the UAE economy’s rise from 535 billion dirhams in 2008 to 1.4 trillion in 2025, and a population nearly doubled, he argues for the long view.
Return, Later
But the art market doesn’t work like GDP. It runs on trust, on the movement of people and works, and on an ecosystem where local and international actors are tightly enmeshed. Emirati foundations, regional collectors and galleries from the Global South on one side. Western auction house branches, blue-chip gallery outposts and expatriate professionals on the other. If the current conflict accelerates a reshuffling of geopolitical and economic alliances, and tensions between the West and certain Gulf states over the conduct of this war are no secret, the question is no longer just whether expatriates stay. It is whether the companies that send them still see a reason to be there, and whether this balance can hold. At Alserkal Avenue, the heart of Dubai’s art scene, galleries shut temporarily after the strikes. Most have reopened. But for the first time, continuity was no longer a given.
In the long term, two scenarios are taking shape. The first : a return to normal. The conflict stabilises. Flights resume. Art Dubai 2027 goes ahead. Investments, too heavy to walk away from, pick up where they left off. This is the bet most players are making, and implicitly that of every gallery choosing to defer rather than pull out. The second : accelerated regionalisation. The Gulf remains a hub, but one reconfigured around its own collectors, the Indian subcontinent, and African and MENA scenes, while the Western presence recedes. A market that decouples from the Euro-American circuit, a change not of degree, but of nature. In the short term, this is the direction signalled by the March 19 announcement: an Art Dubai 2026 that endures but in reconfigured form, its very format acknowledging the retreat of international participation.
In either case, the fundamentals hold. The billions sunk into cultural infrastructure will not vanish with the missiles, and the most committed actors in the region, from auction houses to foundations, show no sign of retreat. If most voices gathered here point toward the first scenario, the refrain is consistent. Everyone plans to return. Just not now.
That « not now » says everything. The Gulf spent twenty years building its credibility as a global art hub. It may only take a few months to alter what it means.

 


What has changed:
Hours after this investigation was published, Art Dubai officially announced the postponement of its 20th edition. According to an email sent by the organisers to exhibitors, seen by The Art Newspaper, here is what we know.
Dates. The fair will take place from May 14 to 17, 2026 at Madinat Jumeirah, one month after the original April 15 opening.
Format. The edition will take the form of a "cultural gathering" in what director Dunja Gottweis described as a « more focused, curated and flexible format » combining presentations, collaborations and public programming. The number of galleries and sections has not been specified.
Financial terms. Participating galleries will not pay stand fees. Art Dubai will instead charge a commission on sales, capped at the stand fee equivalent, roughly $15,000 to $60,000, based on a rate of $739 per square metre. Galleries choosing not to participate must still make their stand payment upfront, with the amount rolled over to the 2027 edition. For those wishing to exhibit without travelling, Art Dubai is offering to present shipped works with support from its team.
What this confirms. The scenario of accelerated regionalisation described in our article is the one this announcement traces: a hub that endures but recentres, with stated support from « the local collecting community », in the fair’s own words. The question remains whether May will prove any more workable than April, major airlines have yet to fully restore their Gulf routes, and the conflict between Iran and the US-Israeli coalition shows no sign of abating.
Shiran Ben Abderrazak