L’exposition « Yves Saint Laurent on stage » revient sur la passion des arts de la scène chez le grand couturier et révèle un dessinateur hors-pair.
« Le théâtre a constitué, pour l’adolescent qu’était Yves Saint Laurent, un refuge », nous confie Madison Cox, président de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent. Dès l’âge de 14 ans, alors qu’il vit à Oran, il réalise ses premières maquettes à la gouache pour les costumes de L’École des femmes de Molière. Une vingtaine d’années plus tard, à l’invitation du directeur de l’École américaine de Tanger, il imagine les costumes de la tragédie grecque Les Bacchantes d’Euripide, dans une partition musicale confiée à Paul Bowles.
Ses collaborations avec les grands noms du théâtre, du ballet et du music-hall ne cesseront pas, de Roland Petit à Jean Vilar, de Sylvie Vartan à Zizi Jeanmaire dont le mythique Truc en plumes a été repris par Lady Gaga lors de la cérémonie d’ouverture des J.O parisiens. Le musée de Marrakech en présente le costume aux côtés d’autres plus affriolants les uns que les autres.

Cocteau. Mise en scène d’Henri Rollan, Théâtre des Célestins, Lyon,
1966. Gouache et feutre sur papier. © Yves Saint Laurent / Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent,
Paris
Gouaches, pastels, encres sur papier
Substantifique, l’exposition « Yves Saint Laurent on stage », dont le commissariat est confié à Stephan Janson et Domitille Éblé, fait la part belle aux archives, mais surtout aux dessins à la gouache, au pastel ou à l’encre sur papier du grand couturier, dont les sources d’influence vont de Mondrian à Léon Bakst, le célèbre peintre et décorateur des Ballets russes. Le trait est enlevé, lest ; les couleurs aguichantes.
En témoignent les croquis de costumes pour le ballet Notre-Dame de Paris mis en scène en 1965 par Roland Petit, dans lesquels Saint Laurent transpose, avec une incandescence toute sacrée, l’art des vitraux. Sans doute aurait-il coiffé au poteau tous les candidats qui ont postulé pour exécuter les nouveaux vitraux contemporains de la célèbre cathédrale !
Olivier Rachet
Exposition « Yves Saint Laurent en scène », Musée Yves Saint Laurent, Marrakech, jusqu’au 5 janvier 2027

Réveil du Sultan » de Zizi je t’aime !, mis en
scène par Roland Petit au Casino de Paris,
1972. Gouache et pastel sur papier. © Yves Saint Laurent / Fondation Pierre
Bergé – Yves Saint Laurent, Paris

(projet non réalisé), circa 1961. Encre et pastel sur papier. © Yves Saint Laurent / Fondation Pierre Bergé – Yves Saint
Laurent, Paris