Pourquoi investir dans une œuvre de Fatima Mazmouz ? // Why invest in a work by Fatima Mazmouz ?

En 2025, Fatima Mazmouz s’affirme comme l’une des voix importantes de la scène contemporaine marocaine. Représentés au sein d’expositions prestigieuses en Europe et aux États-Unis, ses projets autour de la mémoire, du corps et de l’identité gagnent en profondeur et en visibilité.
Le corps féminin comme terrain d’exploration

Née à Casablanca en 1974, Fatima Mazmouz développe une œuvre où le corps, notamment féminin, devient un lieu de mémoire, de résistance et d’exploration post-coloniale. Sa pratique mêle photographie, installation, performance et vidéo. Les séries Les Utérus de mon Père, Super Oum Vulvalavie, H.Eros-Résistantes ou Figures de Sorcières témoignent de sa capacité à articuler esthétique, symbolisme vernaculaire et réflexion socio-historique. Au-delà de la simple représentation, son travail transgresse les limites et substitue aux récits imposés des récits recomposés : ceux des corps invisibilisés, des tabous et des identités hybrides.

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Série Bouzbir, Utérus n°1, 2018, tirage d’archive, édition 4/5, 50 x 80 cm
Courtesy de l’artiste et de la Galerie 127

En 2025, une visibilité confirmée

L’année 2025 semble être un très bon cru pour Fatima Mazmouz. Un tirage de sa série Les Utérus de mon père est entré dans la collection du Mucem de Marseille et figure dans le premier opus de l’exposition permanente – « Méditerranées, Épisode 1 : Inventions et Représentations » – qui sera montré jusqu’en 2026. En juillet, elle participait également à la 56e édition du Festival d’Arles au sein de l’exposition collective « Interférences : un certain regard sur la photographie marocaine », avec la série H.Eros-Mauresques. Toujours dans le sud de la France, on la retrouvait au printemps dans l’exposition « L’Amour des Bêtes » à la Chapelle du Quartier Haut de Sète avec Esoter, un autoportrait en sorcière mangeuse de poulet qui interroge le bestiaire comme allégorie du sauvage. Côté marocain, la série H.Eros-Résistantes Mauresques et Thanatos a été montrée au Salon international du livre à Rabat en avril dernier dans l’exposition « Fragments de mémoire ». Outre-Atlantique, c’est le Scottsdale Museum of Contemporary Art (Arizona) qui expose la série H.Eros – Résistantes, Mon Album de Famille dans un group show qui explore le féminisme contemporain, la parentalité et les identités résistantes.Côté prix

Fatima Mazmouz est historiquement représentée par la Galerie 127 de Nathalie Locatelli, qui diffuse ses œuvres à des prix oscillant entre 1 500 et 6 000 € selon le format et l’édition. Le Centre national des arts plastiques (CNAP) en France a ainsi acquis en 2021 un ensemble de huit tirages de la série des Monts et des mères veillent à 16 500 €. Pour un tirage de son emblématique série Bouzbir, qui a enflammé l’intérêt du public et de divers collectionneurs – notamment exposée à Paris Photo en 2018 et parue en Une des pages culture du quotidien Libération –, il faut aujourd’hui compter 4 000 € (moyen format).

Le nombre de ventes publiques ou d’enchères médiatisées reste modeste, ce qui signifie que, même si ce travail se vend en galerie depuis les années 2010, le second marché en revanche est encore en émergence. Cette phase pré-cote est souvent celle qui offre les meilleures opportunités de progression, si la reconnaissance continue de monter.Le bon moment pour acheter

Acheter une œuvre de Fatima Mazmouz aujourd’hui, c’est profiter d’un double mouvement : d’un côté, l’artiste est déjà bien implantée depuis les années 2010 dans les institutions muséales et les expositions internationales, et son travail jouit d’une excellente réputation. De l’autre, la demande commence à croître, mais les prix ne sont pas encore ceux d’un marché saturé. Les thèmes qu’elle explore – mémoire, corps, genre, altérité – sont très valorisés non seulement esthétiquement, mais aussi socialement, car ils résonnent avec des enjeux contemporains forts. En outre, ses expositions actuelles rendent ses œuvres plus visibles, plus recherchées, ce qui tend à préparer une montée de cote déjà amorcée.

PAR MERYEM SEBTI

In 2025, Fatima Mazmouz has established herself as one of the leading voices on Morocco’s contemporary art scene. Featured in major exhibitions across Europe and the United States, her projects around memory, the body and identity continue to gain both depth and visibility.
The female body as a field of exploration
Born in Casablanca in 1974, Mazmouz has developed a practice in which the body, particularly the female body, becomes a site of memory, resistance and postcolonial inquiry. Her work combines photography, installation, performance and video.
Series such as Les Utérus de mon Père, Super Oum Vulvalavie, H.Eros Résistantes and Figures de Sorcières reveal her ability to connect aesthetic research, vernacular symbolism and social history. Beyond representation, her work crosses boundaries, replacing imposed narratives with recomposed ones: the stories of invisible bodies, taboos and hybrid identities.
2025: A year of recognition
The year 2025 is proving particularly fruitful for Mazmouz. A print from her series Les Utérus de mon Père has entered the collection of the Mucem in Marseille and features in the museum’s new permanent exhibition Méditerranées, Épisode 1: Inventions et Représentations, on view through 2026.
In July, she took part in the 56th edition of the Rencontres d’Arles in the group show Interférences: A Certain Look at Moroccan Photography with her series H.Eros Mauresques. Earlier in the year, she was featured in L’Amour des Bêtes at the Chapelle du Quartier Haut in Sète, presenting Esoter, a self-portrait as a witch eating a chicken, using the animal bestiary as a metaphor for the wild.
In Morocco, her series H.Eros Résistantes Mauresques et Thanatos was shown at the Rabat International Book Fair in the exhibition Fragments de mémoire. Across the Atlantic, the Scottsdale Museum of Contemporary Art in Arizona is exhibiting H.Eros Résistantes, Mon Album de Famille in a group show on contemporary feminism, parenthood and resistant identities.
Market overview
Mazmouz has been represented for many years by Galerie 127 in Marrakech, founded by Nathalie Locatelli, which offers her works at prices ranging from €1,500 to €6,000, depending on size and edition.
In 2021, the Centre National des Arts Plastiques (CNAP) in France acquired a set of eight prints from the series Des Monts et des Mères Veillent for €16,500. A medium-format print from her emblematic series Bouzbir, which drew wide attention after being shown at Paris Photo 2018 and featured on the front page of Libération’s culture section, now sells for around €4,000.
Public sales and auction results remain limited, which suggests that while her work has been placed through galleries since the 2010s, the secondary market is still emerging. This pre-valuation phase often offers the best prospects for future growth, provided institutional recognition continues to rise.
The right time to buy
Buying a work by Fatima Mazmouz today means benefiting from a double dynamic: on one hand, the artist is already well established in museum and international circuits and enjoys strong critical recognition; on the other, demand is beginning to rise, but prices have not yet reached a saturated level.
The themes she explores—memory, the body, gender and otherness—are valued both aesthetically and socially, resonating with key contemporary issues. Her current exhibitions have increased her visibility and desirability, pointing toward a market ascent already underway.
Meryem Sebti