Le plaisir paradoxal : petit guide critique pour relire l’art marocain

Rassemblant des textes critiques publiés entre 2010 et 2020, Le Plaisir paradoxal, Écrits sur les arts visuels au Maroc, de l’artiste-peintre Youssef Wahboun, met en avant le pouvoir de transfiguration de l’œuvre d’art. Privilégiant des peintres tels que Mohamed Drissi ou Amina Rezki, « dont l’œuvre est vouée au drame existentiel de l’homme », l’auteur montre comment, à partir de différentes techniques, les artistes transforment la boue de l’existence en or ; à l’image de la plasticienne Fatiha Zemmouri, qui « ne se contente jamais du caractère statique du ready-made et fait valoir plutôt une laborieuse métamorphose de la matière ». Par ailleurs, un ensemble de vingt-cinq textes publiés initialement dans les Chefs-d’œuvre d’une collection de la Fondation Al Mada, est consacré à l’analyse scrupuleuse d’une œuvre, dont les tableaux de Hamidi, Kacimi, Abouelouakar, Radia Bent Lhoucine, Abdelkébir Rabi’ ou encore Abderrahim Yamou. Enseignant, Youssef Wahboun plaide pour une école du regard privilégiant l’esprit critique qu’a pu incarner, en son temps, le Centre pédagogique régional de Rabat, auquel fut consacrée, en 2014, une exposition à l’Espace Expressions de la Fondation CDG. « Que reste-t-il de ces pratiques ?, se demande un artiste cité par l’auteur. Rien. Non seulement la plupart des centres de formation sont fermés ou impuissants, mais les artistes ne font plus grand cas du rayonnement intellectuel de l’art ni de l’échange avec le public. » Constat dont le lecteur se demande s’il est toujours d’actualité…

Par Olivier Rachet

Youssef Wahboun, Le Plaisir paradoxal, Écrits sur les arts visuels au Maroc, House of Beau Art Éditions, 246 p., 150 DH 

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Mohamed Aboulouakar, Sans titre, technique mixte sur foulard de soie marouflé sur toile, 70–70 cm, 1989.
Mohamed Aboulouakar, Sans titre, 1989, technique mixte sur foulard de soie marouflé sur toile, 70 x 70 cm