Pour sa dernière exposition, l’artiste tunisienne Ymen Berhouma dévoile sous forme de dessins son journal intime de l’année 2023, entre angoisses existentielles et une énergie de vie et de couleurs débordante.
Les titres des dessins de l’artiste tunisienne Ymen Berhouma, présentant sa sixième exposition à la galerie Aïcha Gorgi, disent à eux seuls les tourments qui traversent sa créatrice : No direction home, The girl and death ou Too much dead to draw. Ces compositions sur papier canson, mêlant acrylique et aquarelle, brillent par leur profonde dualité : les scènes représentées sont marquées par une angoisse sourde et la présence de figures inquiétantes telles que la « femme-scorpion » ou la « brune en robe rouge qui tombe ». La menace est omniprésente dans ce que l’artiste apparente à un journal intime de l’année 2023, marquée par un désarroi qui s’incarne dans une prépondérance de motifs évoquant la mort ou la violence physique. Des scènes de cannibalisme côtoient des rituels étranges de mise à mort. Placé sous le signe des écrits de Georges Bataille, le mal semble ici tout-puissant. Mais les couleurs aux tons souvent pastel adoucissent la dimension presque apocalyptique du propos dont ces figures d’homme et femme-pansement, symboles pour l’artiste de guérison, pourraient être l’emblème. Maculés d’abord de café, les dessins finissent par s’organiser autour d’une composition dynamique dans laquelle l’appétit de vivre et d’aimer semble toujours plus fort.Exposition « 3km 900 » de Ymen Berhouma, Aïcha Gorgi Gallery, Sidi Bou Saïd, jusqu’au 1er novembre

