Pour sa 9e édition, la foire d’art et de design AKAA met le cap vers les régions ultramarines. Elle réunira 41 exposants et une centaine d’artistes, mais peu de galeries du continent africain.
Dans sa volonté de s’affirmer au sein du réseau des foires internationales, AKAA profite largement du calendrier, puisqu’elle se tiendra en même temps qu’Art Basel Paris. Cette 9e édition peut compter sur le soutien d’exposants fidèles tels que la galerie Primo Marella (Milan), la galerie angolaise This is not a White Cube (Lisbonne) ou la 193 Gallery (Paris) qui présentera une œuvre monumentale de l’artiste camerounais Malam, réalisée à partir de matériaux de récupération, qui trônera en majesté au centre de la foire.
Les vents ultramarins ayant soufflé sur la Biennale de Venise semblent avoir atteint la foire AKAA, qui fait la part belle aux galeries des Caraïbes ou des Amériques. En témoigne la première participation de La Maison Gaston (Paris), maison d’art créole en provenance de Guadeloupe, proposant un programme d’œuvres dans lesquelles la luxuriance de la nature est célébrée, qu’il s’agisse des sculptures végétales en laiton de Florence Gossec ou des peintures lyriques de l’artiste martiniquais Alain Joséphine. On partira aussi à la découverte des propositions de la galerie réunionnaise AHIO (Art and Heart Indian Ocean), dont les dessins de Chloé Robert prenant la forme de bestiaires étranges attirent d’ores et déjà notre attention.

Recherche galeries africaines désespérément
Parmi les nouveaux venus, mentionnons la galerie parisienne Christophe Person (Paris), qui présente une sélection autour du thème « Histoires d’eau » avec des œuvres du Camerounais Arnold Fokam, dont on scrutera avec attention les photographies-performances célébrant les divinités aquatiques du fleuve Congo.
Sur les 37 galeries internationales représentées, dont la majorité reste parisienne, seules quatre galeries émergent du continent africain. Si aucune galerie marocaine n’a fait cette année le voyage, les artistes du royaume ont pourtant le vent en poupe : Sanae Arraqas fait l’objet d’un solo show à la 110 Galerie Véronique Rieffel (Paris), la galerie Anne de Villepoix (Paris) convie Rita Alaoui et Yassine Balbzioui, la galerie Nosbaum Reding (Luxembourg) invite Fatiha Zemmouri, tandis que la galerie Duende Art Projects (Belgique) parie sur le peintre émergent Mohammed Arrhioui, lauréat l’École des beaux-arts de Casablanca, dont les toiles incrustées de coquilles d’œuf ont été montrées dans plusieurs expositions collectives.

Concernant le reste du continent, on découvrira avec intérêt la programmation d’une toute nouvelle venue, Amasaka Gallery (Ouganda), fondée en 2020 par l’artiste Collin Sekajugo. On y verra plusieurs œuvres recourant au collage, dont celles en tissu d’écorce de l’artiste ougandais Carson Buka. Dans sa tentative de synthèse entre art contemporain et design, AKAA met aussi en avant le travail d’artistes designers émergents, dont celui de la Franco-Italo-Camerounaise Barbara Asei Dantoni (galerie Art’Gentiers, Bordeaux), dont les sculptures explorent ces « identités imaginaires » qui lui tiennent à cœur, ou celui de la Franco-Sénégalaise Violaine Beh, ayant créé en 2023 l’Atelier 22B, qui déploie l’essence minimaliste du design africain et dont le stand est des plus attendus
PAR OLIVIER RACHET
