Fruit d’une collaboration entre l’ambassade de Roumanie et la Fondation Nationale des Musées (FNM), The Fabric of Identities met en lumière les similitudes frappantes entre les costumes traditionnels roumains et marocains. À travers plus de 200 artefacts – broderies, tapis, et bijoux – l’exposition réussit à établir un dialogue entre les deux cultures.
« Je vous mets au défi de distinguer votre patrimoine du nôtre » taquine Paulina Popoiu, directrice du Musée du Village Dimitrie Gusti, à Bucarest, en préambule de l’exposition The Fabric of Identities : Traditional Costumes from Morocco and Romania.
Fruit d’une coopération entre l’ambassade de Roumanie et la Fondation Nationale des Musées (FNM), cette exposition présente plus de 200 artéfacts emblématiques du patrimoine roumain – des tapis aux bijoux en passant par d’impressionnants costumes traditionnels – issus de la collection du plus grand musée roumain, dont une vingtaine datant du XIXe siècle, indique Paulina Popoiu. Une sélection somptueuse, faite de minutieuses broderies colorées, de tissages floraux et de bijoux raffinés, qui dialoguent harmonieusement avec la splendeur du costume marocain traditionnel. Il est vrai qu’on s’y tromperait tant les similitudes sont frappantes. Signe « que la Méditerranée n’était pas si difficilement franchissable, facilitant la circulation des hommes et des idées » rappelle Abdelaziz El Idrissi, chef du département des musées à la FNM. Selon lui, cette exposition souligne les « phénomènes de convergences culturels opérés durant plusieurs millénaires » entre les deux nations.

Passion commune pour l’ornementationMettant la femme roumaine à l’honneur, cette exposition explore «la dimension symbolique de la broderie, où chaque motif raconte une histoire, exprime une identité. {…} Les matériaux, comme la laine et le coton, les techniques, comme le tissage, et les objets, comme les parures de tête et les bijoux, sont autant d’éléments qui contribuent à tisser un fil conducteur entre les deux cultures », précisent les organisateurs. « Il ne fait aucun doute, ajoute Maria Ciobanu, l’ambassadrice de Roumanie à Rabat, qu’à travers la culture, nous faisons des pas essentiels vers la découverte et une meilleure compréhension de l’autre ».

Si cette exposition invite à célébrer une passion commune pour l’ornementation et le savoir-faire ancestral, elle contribue également à poser les jalons d’une nouvelle histoire : celle d’une collaboration culturelle étroite entre le Maroc et la Roumanie, déclare Abdelaziz El Idrissi. «Cette exposition aura une réplique en Roumanie, afin que le public roumain puisse également découvrir la beauté du patrimoine marocain », complète par ailleurs l’ambassadrice. Une opportunité supplémentaire de sensibiliser à la nécessaire sauvegarde et transmission de ces trésors matrimoniaux.Houda OutarahoutThe fabrics of identities, traditional costumes from Morocco and Romania, Musée national de la Parure, Rabat, jusqu’au 18 décembre 2024.